Aux derniers " Rendez-vous du Club RH ", le 7
décembre 2000, 60 participants (50% de fonctions RH, 30% dautres fonctions,
20% détudiants en DESS RH et professeurs) ont participé à la première
conférence organisée par le " Club RH " de lAAE-IAE, sur le
thème : " GRH et NTIC, la tentation du clic ".
Celle-ci a réuni 3 personnalités aux interventions
complémentaires :
 | Danièle NGuyen (DESS RH 1998), Responsable e-RH et des Relations sociales chez
Schneider Electric, a fait part de lexpérience de son entreprise dans la mise
en place dun Intranet à un niveau international. |
 | Louis-Marie Chaillet (CAAE 1982), fondateur et PDG de Click-Business, conseil en
e-business, a donné des pistes méthodologiques pour se lancer dans la réalisation
dune e-organisation. |
 | Christiane Feral Schuhl, avocate au cabinet Salans, auteur du livre :
" Cyberdroit, le droit à lépreuve de lInternet " ,
Dunod, 2ème édition, a présenté le cadre législatif du clic, et les
responsabilités réciproques employeurs / employé dans ce domaine. |
Les développements réalisés par les 3 intervenants ont permis de
dégager les éléments de fond suivants :
Des avancées intéressantes grâce aux NTIC :
Si, en interne, les NTIC (essentiellement lIntranet), sont
utilisés, cest dabord pour développer la productivité globale de
lentreprise (diminution des coûts, amélioration de lefficacité des
collaborateurs,
).
Avec quelques années de recul, les entreprises qui ont pu pratiquer se
rendent compte que les impacts réels vont largement au-delà de lobjectif
initial :
 | pour lentreprise, cest lensemble des modes de travail, et la
culture même du management qui sont touchés : globalisation des process,
aplanissement des lignes hiérarchiques, mise en réseau et création de pôles de
compétences, mutualisation des ressources, redistribution du pouvoir et modification des
territoires,
Jusquà lémergence dun modèle de travail
tourné vers lexcellence, sur la base de nouveaux comportements, influencés
directement par le fonctionnement de lInternet lui-même : rapidité,
réactivité, autonomie, ouverture, curiosité, partage, apprentissage,
quil
faut aussi savoir manager. |
 | Pour les salariés, cest le mode de communication des syndicats vis
à vis de leurs mandants qui est bouleversé (optimisation de laffichage
grâce aux possibilités offertes par lintranet maison
), et même la
façon de faire la grève (par exemple, en affichant la photo des grévistes sur
lIntranet) : dautres problématiques à manager aussi par
lentreprise. |
Des questions posées par lavénement des NTIC, porteuses de germes
dexclusion :
Cependant, cette nouvelle culture, si elle favorise ceux qui savent
sadapter, et les valorisent aux yeux de la hiérarchie, peut laisser au bord du
chemin ceux qui ne fonctionnent pas sur le même mode : le modèle de
" salarié global " serait-il en train, lui aussi, de conquérir le
monde de lentreprise, créant ainsi un risque de " fracture
numérique " en son propre sein ?
Que penser, et que faire des autres, ceux qui nont pas envie
dadhérer, ne veulent pas ou ne peuvent pas comprendre, alors quils atteignent
le niveau de performance attendu ? Quel droit à la différence dans
" lentreprise globale " ? Quelle place pour le
pluralisme, la diversité, sources aussi, par ailleurs, de richesses ?
Dans ce contexte, quel rôle pour la DRH ?
Au niveau de la gestion des hommes, entre :
 | ceux qui savent, les " IN ", et qui parfois en profitent (une
récente étude montrait que 20 à 50% du temps de connexion sur lieu de travail était
consacré à des loisirs), tendant dailleurs ainsi la perche, en ne respectant pas
leur obligation de loyauté à lemployeur, aux tentatives de contrôle de ce
dernier, |
 | et ceux qui rechignent, les " OUT ", pour toutes le raisons que
lon peut imaginer : peur de la nouveauté, ou de la technologie, mais aussi
inadaptation du système aux activités réalisées, compétences ou tours de mains non
transmissibles par Internet,
|
comment trouver la voie qui permettra de concilier les libertés
individuelles et collectives ?
Cest toute la problématique posée aux DRH face à cette
évolution.
Dans un contexte où le développement de la productivité permis par
lintranet a notamment comme corrolaire, au sein de la DRH, lautomatisation
des tâches administratives, libérant ainsi du temps et des compétences, se pose la
question de lutilisation optimale de ces moyens disponibles.
Cette question, associée à la vague dinformatisation des
systèmes avec entrée unique des données permise par les ERP, renforce le débat
autour de lexternalisation possible de pans entiers de la GRH.
Des entreprises comme BP Amocco ont choisi dexternaliser
complètement leurs processus RH, parfois auprès dun prestataire unique. De son
côté, IBM privilégie une plate-forme européenne de services, avec une expertise
offerte plus pointue.
Entre ces deux pôles, externalisation et expertise, la DRH balance :
 | en se débarrassant des tâches à faible valeur ajoutée, va-t-elle évoluer vers
davantage dexpertise et de conseil , dans laccompagnement social du
changement, la gestion des compétences, le suivi des carrières, le conseil opérationnel
aux managers, bref, lapport de réelle valeur ajoutée ? |
 | saura-t-elle être partie prenante, dès lamont, des projets de changements
induits par la mise en place des NTIC, pour en influencer le cours, par exemple en mettant
en évidence la nécessité de mettre la technique au service de lhomme et non
linverse ? |
 | pourra-t-elle jouer son rôle davocat des employés, encourager les
initiatives, tout en sanctionnant les dérives ? |
 | arrivera-t-elle à faire partager la nécessité de prendre le temps de pour mener à
bien la maturation des projets, et inventer un esprit, une nouvelle culture, qui
vont avec les projets NTIC ? |
Voici quelques enjeux poses des aujourdhui a cette fonction, et
qui seront debattus a loccasion des prochains " Rendez-vous du Club
RH ", le jeudi 5 avril 2001, sous le titre : " NTIC,
rationalisation des processus et developpement strategique : de nouveaux caps pour les
Directions des RH ? ".
Affaire à suivre
Pascal Dubois (DESS RH 1998)
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